Tableau de bord
Un tableau de bord n'est pas un rapport. Il ne raconte rien, il signale : il doit permettre en quelques secondes de savoir si quelque chose demande une action. Cette finalité commande sa construction entière.
Destinataire
Un tableau de bord s'adresse à quelqu'un qui décide, et la première question est de savoir quelles décisions il prend. Un directeur général et un responsable d'atelier n'ont pas les mêmes leviers, donc pas les mêmes indicateurs. Un tableau qui sert à tout le monde ne sert à personne, et c'est le défaut le plus répandu dans les organisations qui en produisent beaucoup.
Nombre d'indicateurs
5 à 9 indicateurs sur un écran, pas davantage. Au-delà, le lecteur ne hiérarchise plus et cesse de regarder. Les autres données ne disparaissent pas : elles descendent dans des vues de second niveau, accessibles depuis l'indicateur qu'elles expliquent.
Comparaison
Un chiffre seul ne dit rien. Il faut une référence : période précédente, objectif, moyenne du secteur, ou même période de l'année précédente. Cette dernière comparaison est la seule qui neutralise la saisonnalité, et son absence fait interpréter comme une baisse ce qui n'est qu'un creux annuel habituel.
Représentation
Les courbes conviennent aux évolutions dans le temps, les barres aux comparaisons entre catégories, les tableaux aux valeurs qu'il faut lire précisément. Les camemberts se lisent mal au-delà de trois parts, les jauges occupent beaucoup de place pour une seule valeur, et les effets de volume ou de perspective faussent la perception des proportions.
Fraîcheur
La fréquence de mise à jour doit correspondre au rythme de décision, non aux capacités techniques. Un indicateur mensuel affiché en temps réel invite à réagir à du bruit. Chaque écran gagne à porter la date de dernière actualisation et la période couverte, information systématiquement oubliée et systématiquement nécessaire.